Végétation et ventilation naturelle : comment utiliser les plantes pour guider le vent ?

Planter des arbres autour d’une maison permet de créer de l’ombre, de protéger les sols du soleil et d’améliorer le microclimat. Mais la végétation peut avoir une autre fonction, moins connue : modifier la circulation du vent autour du bâtiment.

Arbres, arbustes et haies ne créent évidemment pas de vent. En revanche, selon leur position et leur densité, ils peuvent le ralentir, le filtrer ou contribuer à le canaliser vers une terrasse et des ouvertures.

À l’inverse, une haie mal positionnée peut couper une brise estivale dont on aurait justement besoin pour rafraîchir la maison.

Pourquoi le vent est-il intéressant en été ?

Lorsque l’air circule autour du corps, il améliore la sensation de fraîcheur en favorisant notamment l’évaporation de la transpiration.

Le vent peut également participer à la ventilation naturelle du logement, à condition que des ouvertures soient correctement positionnées.

Une brise arrivant sur une façade crée des différences de pression entre les différentes faces du bâtiment. Avec des fenêtres ouvertes sur plusieurs orientations, ces différences peuvent favoriser le passage de l’air à travers la maison.

Avant de planter, il est donc intéressant de comprendre comment l’air circule déjà autour du bâtiment.

Une haie peut-elle bloquer le vent ?

Oui.

Une haie très dense placée directement face au vent peut se comporter presque comme une paroi.

Elle ralentit fortement le flux d’air et crée des turbulences autour d’elle. Si elle est située juste devant une façade que l’on souhaite ventiler, elle peut donc réduire la brise disponible au niveau des fenêtres.

Cela peut être recherché en hiver lorsqu’on souhaite se protéger d’un vent froid dominant.

Mais en été, cette même végétation peut devenir contre-productive si elle bloque une brise utile au rafraîchissement.

Pourquoi privilégier une végétation plus perméable ?

Pour filtrer le vent sans l’arrêter complètement, une végétation partiellement ajourée est souvent plus intéressante.

On peut par exemple associer :

  • des arbres espacés ;
  • des arbustes de différentes hauteurs ;
  • une haie moins compacte ;
  • plusieurs strates de végétation.

Une partie de l’air peut alors continuer à traverser les plantations.

L’objectif n’est pas nécessairement d’avoir le maximum de vent, mais de trouver un équilibre entre ombrage, protection et circulation de l’air.

Peut-on utiliser les plantes pour diriger le vent ?

Dans certaines configurations, oui.

Des plantations positionnées sur les côtés d’un espace peuvent contribuer à modifier localement la trajectoire de l’air.

On peut par exemple chercher à créer un couloir plus dégagé dans la direction d’une terrasse ou d’une ouverture, tandis que la végétation structure les espaces situés autour.

À petite échelle, la forme du jardin participe ainsi au microclimat autour de la maison.

Il faut cependant rester prudent : le comportement du vent est complexe et dépend du relief, des bâtiments voisins, des murs, de la hauteur des végétaux et de nombreux autres obstacles.

Éviter de planter une barrière juste devant les fenêtres

Une végétation dense installée immédiatement devant une fenêtre peut créer de l’ombre, ce qui est intéressant, mais également réduire la circulation de l’air.

Il faut donc trouver le bon compromis.

Plutôt que de créer un écran végétal totalement opaque collé à la façade, on peut parfois éloigner légèrement les plantations, utiliser des végétaux plus ajourés ou concentrer la végétation sur les côtés.

La fenêtre peut alors rester ombragée tout en conservant une partie de la circulation d’air.

Observer les vents d’été avant de planter

Les vents utiles en été ne viennent pas nécessairement de la même direction que les vents dominants de l’année.

Avant de concevoir le jardin, observez donc ce qui se passe réellement pendant les périodes chaudes :

D’où vient la brise en fin de journée ? Quelles fenêtres la reçoivent ? Quels murs, clôtures ou végétaux semblent la bloquer ? Où l’air paraît-il au contraire mieux circuler ?

Cette observation peut déjà révéler beaucoup de choses.

Pour un projet plus important, l’étude du site, de sa topographie et des vents locaux permet d’aller plus loin.

Le jardin peut aussi créer une zone d’air plus agréable

L’intérêt de la végétation ne se limite pas à modifier le vent.

Des arbres et des plantes peuvent simultanément :

ombrager les sols + protéger les façades + limiter l’accumulation de chaleur + contribuer à l’évapotranspiration.

L’air qui traverse un espace ombragé et végétalisé peut donc rencontrer des conditions différentes de celui qui passe au-dessus d’une grande terrasse minérale exposée au soleil.

L’objectif est de travailler sur l’ensemble du microclimat devant la maison.

Attention au conflit entre confort d’été et confort d’hiver

Une haie peut être très utile pour protéger une maison des vents froids en hiver, tout en devenant gênante si elle bloque une brise recherchée en été.

La conception doit donc tenir compte des deux saisons.

On peut jouer sur :

  • la position des plantations ;
  • leur hauteur ;
  • leur densité ;
  • les espèces persistantes ou caduques ;
  • les espaces laissés libres ;
  • la relation entre végétation et ouvertures.

Le jardin devient alors un véritable outil de conception bioclimatique.

Créer un parcours pour l’air jusqu’à l’intérieur

Guider le vent vers une façade n’est utile que si l’air peut ensuite traverser le logement.

Une bonne stratégie associe donc l’aménagement extérieur à la ventilation intérieure.

Idéalement, l’air entre par une ouverture située du côté favorable, traverse les pièces grâce aux portes ouvertes puis ressort par une autre façade ou une ouverture située plus haut.

On retrouve ainsi le principe essentiel de la ventilation naturelle :

une entrée + un passage + une sortie.

La végétation intervient en amont pour préserver ou favoriser le flux d’air disponible autour de la maison.

Penser le jardin comme une extension climatique de la maison

Le jardin ne doit pas être considéré uniquement comme un décor autour du bâtiment.

La position d’un arbre, d’une haie ou d’un massif peut modifier :

  • l’ensoleillement d’une fenêtre ;
  • la température du sol ;
  • l’humidité locale ;
  • l’exposition au vent ;
  • le confort d’une terrasse ;
  • les conditions devant une façade.

La conception paysagère et la conception architecturale ont donc tout intérêt à être pensées ensemble.

Un jardin bien conçu peut protéger la maison du soleil sans la couper des brises estivales.

À retenir

Pour utiliser la végétation en faveur de la ventilation naturelle :

  • observez d’abord d’où viennent les brises estivales ;
  • évitez les haies très denses directement devant les ouvertures que vous souhaitez ventiler ;
  • privilégiez une végétation suffisamment perméable pour laisser circuler une partie de l’air ;
  • utilisez les plantations latérales pour structurer et éventuellement canaliser les flux ;
  • combinez cette stratégie avec de l’ombre et des sols moins exposés au soleil ;
  • conservez un véritable parcours de ventilation à travers le logement.

La végétation ne produit pas le vent. Bien positionnée, elle peut en revanche éviter de le bloquer et contribuer à mieux l’exploiter.

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