Cuisine low-tech en été : comment cuisiner sans réchauffer sa maison ?

En été, on cherche à empêcher le soleil de chauffer la maison. Pourtant, à l’intérieur, nous continuons parfois à produire nous-mêmes beaucoup de chaleur.

Four, plaques de cuisson et appareils électriques rejettent de l’énergie dans la cuisine. Pendant une période de fortes chaleurs, ces apports peuvent participer à la surchauffe du logement, particulièrement en fin de journée.

Une autre approche consiste à adapter notre manière de cuisiner à la saison : utiliser le soleil pour chauffer, l’air pour sécher, l’eau pour rafraîchir et le temps pour transformer.

C’est le principe d’une cuisine low-tech d’été.

Pourquoi la cuisine chauffe-t-elle autant la maison ?

Lorsque vous utilisez un four, toute l’énergie consommée ne reste pas à l’intérieur de l’appareil.

Les parois chauffent, de l’air chaud s’échappe et, une fois la cuisson terminée, le four continue à restituer de la chaleur dans la pièce.

Les plaques de cuisson produisent elles aussi de la chaleur, à laquelle s’ajoutent celle des casseroles et la vapeur générée pendant la préparation des aliments.

En hiver, ces apports sont rarement problématiques. En pleine canicule, ils constituent au contraire une chaleur supplémentaire qu’il faudra ensuite évacuer.

La première stratégie consiste donc tout simplement à réduire les cuissons longues pendant les heures les plus chaudes.

Le four solaire : cuisiner directement avec le soleil

Le four solaire utilise le rayonnement du soleil pour cuire les aliments sans électricité ni combustible.

Selon les modèles, des surfaces réfléchissantes concentrent ou dirigent le rayonnement vers un récipient ou une enceinte isolée.

La cuisson est généralement plus lente qu’avec un four traditionnel et dépend évidemment de l’ensoleillement.

Mais en été, il présente un avantage supplémentaire : la chaleur nécessaire à la cuisson reste dehors plutôt que d’être produite dans la maison.

Sur une terrasse ou dans un jardin correctement aménagé, il peut donc devenir un véritable équipement saisonnier.

La marmite norvégienne : laisser l’isolation terminer la cuisson

La marmite norvégienne fonctionne sur un principe presque opposé.

On commence la cuisson normalement afin de porter la préparation à température. La casserole chaude est ensuite placée dans un contenant très isolé.

Au lieu de continuer à fournir de l’énergie, on utilise simplement la chaleur déjà accumulée dans la préparation pour poursuivre la cuisson.

Soupes, céréales, légumineuses ou plats mijotés peuvent se prêter à cette technique selon des recettes et temps adaptés.

Cela permet de réduire la durée pendant laquelle les plaques fonctionnent et donc la quantité de chaleur produite dans la cuisine.

Le séchoir solaire : utiliser la chaleur plutôt que la combattre

En été, l’air chaud peut aussi devenir une ressource.

Un séchoir solaire exploite le rayonnement solaire et la circulation de l’air pour retirer progressivement l’humidité de certains aliments.

Il peut notamment servir à sécher, dans de bonnes conditions d’hygiène et selon les aliments :

  • des fruits ;
  • certains légumes ;
  • des herbes aromatiques.

L’objectif n’est plus de lutter contre la chaleur extérieure mais de l’utiliser pour conserver des aliments.

Une bonne circulation d’air et une protection contre les insectes et contaminations sont indispensables.

La fermentation : conserver sans cuisson

Toutes les transformations alimentaires ne nécessitent pas de chaleur.

La fermentation utilise l’activité de micro-organismes pour transformer et, pour certaines préparations, conserver les aliments.

Lactofermentation des légumes, levain ou autres préparations fermentées permettent ainsi d’explorer une autre logique : au lieu de conserver systématiquement par le froid ou la cuisson, on utilise des processus biologiques.

Les règles d’hygiène, les recettes éprouvées, les bonnes concentrations et les conditions de conservation doivent évidemment être respectées.

Le frigo du désert : rafraîchir grâce à l’évaporation

Le frigo du désert, ou système de type zeer pot, utilise encore un autre phénomène physique.

Deux contenants en terre cuite sont séparés par du sable maintenu humide. Lorsque l’eau s’évapore à travers la terre poreuse, elle absorbe de l’énergie et peut maintenir l’intérieur plus frais que l’air environnant lorsque les conditions climatiques sont favorables.

Cette technique fonctionne particulièrement bien dans un environnement chaud et sec et beaucoup moins efficacement lorsque l’air est déjà très humide.

Elle ne remplace surtout pas un réfrigérateur pour les aliments nécessitant une chaîne du froid stricte.

Elle peut en revanche illustrer une autre manière de produire de la fraîcheur sans compresseur.

Cuisiner dehors pour ne pas chauffer dedans

Une solution encore plus simple consiste à déplacer certaines préparations à l’extérieur.

Si vous disposez d’un jardin, d’une terrasse ou d’une cuisine d’été, cuisiner dehors permet d’éviter qu’une partie de la chaleur produite ne reste dans le logement.

Mais l’espace doit lui-même être pensé pour l’été.

Une cuisine extérieure en plein soleil peut rapidement devenir inutilisable. Elle gagne donc à être installée dans un espace ombragé et bien ventilé, par exemple sous une pergola adaptée.

On retrouve ici un principe architectural intéressant : en été, certaines fonctions domestiques peuvent temporairement migrer vers les espaces extérieurs.

Adapter aussi ce que l’on mange

La solution la plus low-tech reste parfois de ne pas cuire du tout.

Lorsque les températures sont élevées, on peut privilégier davantage :

des salades, des fruits et légumes crus lorsque cela est adapté, des préparations froides, des cuissons très courtes ou des aliments préparés pendant les heures plus fraîches.

On peut également cuisiner tôt le matin ou le soir plutôt qu’au moment où le logement atteint déjà sa température maximale.

L’objectif n’est pas de supprimer toute cuisson, mais de réduire les apports de chaleur au moment où ils sont les plus gênants.

La cuisine d’été comme véritable espace architectural

Historiquement, la séparation entre cuisine et espaces de vie répondait aussi à des questions de chaleur, de fumées et d’odeurs.

Dans une réflexion contemporaine sur l’adaptation climatique, la cuisine d’été peut retrouver un intérêt.

Sans nécessairement construire une seconde cuisine complète, une terrasse ombragée peut accueillir ponctuellement un plan de travail, un point d’eau ou certains équipements mobiles.

La maison évolue alors selon les saisons : certaines activités restent à l’intérieur en hiver et se déplacent vers l’extérieur pendant les périodes chaudes.

Réduire les besoins avant de chercher à refroidir

Cette logique rejoint un principe plus général du confort d’été.

Avant de chercher à évacuer ou à compenser la chaleur avec un système de refroidissement, il est intéressant de réduire la quantité de chaleur produite dans le logement.

Cela concerne la cuisine, mais aussi l’éclairage, l’eau chaude et les différents appareils électriques.

Chaque apport évité est une quantité de chaleur qu’il ne sera pas nécessaire d’évacuer ensuite.

À retenir

Pour limiter la chaleur produite par la cuisine en été :

  • réduisez les cuissons longues au four pendant les heures chaudes ;
  • expérimentez le four solaire lorsque les conditions le permettent ;
  • utilisez une marmite norvégienne pour terminer certaines cuissons sans apport continu d’énergie ;
  • exploitez l’air chaud avec un séchoir solaire ;
  • découvrez la fermentation pour certaines préparations ;
  • utilisez le frigo du désert uniquement pour des aliments compatibles et dans un climat adapté ;
  • privilégiez les plats froids et les cuissons courtes ;
  • lorsque c’est possible, déplacez certaines préparations dans un espace extérieur ombragé et ventilé.

La cuisine low-tech repose finalement sur une idée très simple : utiliser les phénomènes naturels disponibles plutôt que produire systématiquement de la chaleur, du froid ou du mouvement avec une machine.

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