Plantes et chaleur : peuvent-elles vraiment rafraîchir une maison ?

On entend souvent qu’il faut planter des arbres pour rafraîchir les villes et lutter contre les îlots de chaleur. Mais à l’échelle d’une maison, d’un balcon ou d’un appartement, quel effet peuvent réellement avoir les plantes ?

La réponse est nuancée.

Oui, les végétaux peuvent contribuer à créer un environnement plus frais grâce à l’ombre et à l’évapotranspiration. Mais quelques plantes vertes dans un salon ne feront pas baisser significativement la température de toute la pièce.

Pour améliorer le confort d’été, les plantes sont généralement beaucoup plus efficaces à l’extérieur, là où elles peuvent intercepter le soleil avant qu’il n’atteigne les murs, les vitrages et les sols.

Comment les plantes peuvent-elles rafraîchir l’air ?

Les végétaux absorbent de l’eau par leurs racines.

Une partie de cette eau est ensuite rejetée dans l’atmosphère sous forme de vapeur au niveau des feuilles. Ce phénomène s’appelle l’évapotranspiration.

Le passage de l’eau de l’état liquide à l’état gazeux consomme de l’énergie sous forme de chaleur. À proximité immédiate de la végétation, cela peut donc contribuer à créer un microclimat plus frais.

C’est le même principe physique que celui utilisé dans certains systèmes de rafraîchissement évaporatif.

Mais cet effet dépend fortement de plusieurs facteurs :

  • la quantité de feuillage ;
  • la quantité d’eau disponible ;
  • la température et l’humidité de l’air ;
  • le vent ;
  • la surface végétalisée.

Une petite plante et un grand arbre n’ont évidemment pas le même impact.

Trois plantes vertes peuvent-elles rafraîchir un salon ?

Pas de manière significative.

Quelques plantes d’intérieur peuvent créer un effet très local autour de leur feuillage et augmenter légèrement l’humidité de l’air.

Mais elles ne disposent généralement ni de la surface foliaire ni du débit d’évapotranspiration nécessaires pour faire baisser sensiblement la température d’une pièce entière.

Il faut donc rester prudent avec les promesses selon lesquelles quelques plantes permettraient de remplacer une climatisation.

À l’intérieur, leur intérêt principal reste plutôt lié à l’ambiance, au bien-être et à la qualité spatiale qu’à un véritable rafraîchissement thermique.

Plus la plante est grande, plus elle rafraîchit ?

Pas exactement.

Il n’existe pas de hauteur magique à partir de laquelle une plante commencerait soudainement à rafraîchir.

Ce qui compte surtout est :

  • la quantité totale de feuilles ;
  • la surface qu’elles ombragent ;
  • leur exposition ;
  • la quantité d’eau disponible dans le sol ;
  • leur capacité à évapotranspirer.

Une plante grimpante très dense couvrant plusieurs mètres carrés de façade peut donc avoir davantage d’effet qu’un arbuste haut mais peu feuillu.

Il est plus pertinent de raisonner en termes de surface végétale et de surface protégée du soleil qu’en termes de hauteur.

L’ombre est souvent plus importante que l’évapotranspiration

Pour une maison, l’un des principaux bénéfices de la végétation est souvent très simple : elle crée de l’ombre.

Lorsqu’une plante empêche le soleil de frapper directement une baie vitrée, un mur ou une terrasse, elle limite l’énergie absorbée par ces surfaces.

Et une surface qui ne chauffe pas pendant la journée ne restitue pas cette chaleur plusieurs heures plus tard.

La végétation agit donc à la source du problème.

C’est particulièrement intéressant devant :

  • les fenêtres exposées ;
  • les façades ouest ;
  • les terrasses minérales ;
  • les murs recevant beaucoup de soleil ;
  • les balcons très exposés.

Pourquoi les plantes sont-elles plus utiles à l’extérieur ?

À l’intérieur, les plantes interviennent après que le rayonnement solaire a traversé les vitrages.

À l’extérieur, elles peuvent l’arrêter avant qu’il ne pénètre dans le logement.

C’est une différence essentielle.

Une plante grimpante installée devant une baie vitrée peut filtrer une partie du soleil tout en laissant circuler l’air.

Un arbuste en pot peut créer de l’ombre sur une partie d’un balcon.

Une végétation suffisamment dense peut aussi protéger un sol minéral qui aurait autrement chauffé toute la journée.

Pour le confort d’été, il est donc généralement plus pertinent de végétaliser les abords de la maison que de multiplier les plantes dans le salon.

Que faire en attendant que les arbres grandissent ?

Un arbre est l’une des solutions les plus intéressantes pour créer de l’ombre, mais il lui faut parfois plusieurs années pour atteindre une taille réellement utile.

En attendant, des solutions plus rapides peuvent être mises en place.

Faire pousser une plante grimpante

Une vigne, une glycine ou une autre plante grimpante adaptée au climat peut rapidement couvrir une structure légère.

Installée sur une pergola, un treillage ou des câbles devant une façade, elle peut produire une ombre importante avec relativement peu d’emprise au sol.

Les espèces à feuillage caduc peuvent être particulièrement intéressantes : elles ombragent en été et perdent leurs feuilles en hiver, permettant alors au soleil de revenir sur la façade.

Végétaliser une pergola

Une pergola végétalisée permet de créer progressivement une véritable pièce extérieure ombragée.

La végétation protège à la fois :

  • la terrasse ;
  • les ouvertures situées derrière ;
  • une partie de la façade.

Le feuillage crée également une ambiance plus agréable qu’une couverture minérale chauffée par le soleil.

Utiliser de grands pots sur un balcon

Même sans jardin, il est possible de végétaliser une terrasse ou un balcon avec des arbustes et plantes grimpantes en pots suffisamment grands.

L’objectif n’est pas nécessairement de recouvrir tout l’espace.

Il peut être plus efficace de placer la végétation aux endroits stratégiques : devant une baie vitrée exposée à l’ouest, sur la partie du balcon la plus ensoleillée ou à proximité d’un mur qui accumule beaucoup de chaleur.

Il faut toutefois tenir compte du poids des pots, de l’exposition au vent et surtout des besoins en eau des végétaux.

Attention : végétaliser nécessite de l’eau

L’effet rafraîchissant par évapotranspiration dépend directement de l’eau disponible.

Une plante en stress hydrique transpire moins. Son potentiel de rafraîchissement diminue donc au moment même où les températures deviennent très élevées.

Dans un contexte de sécheresse et de restrictions d’eau, il est important de choisir des espèces adaptées au climat local et de concevoir le jardin pour limiter les besoins d’arrosage.

Paillage, sols riches en matière organique, récupération d’eau de pluie et choix d’espèces sobres peuvent contribuer à rendre la végétalisation plus résiliente.

L’objectif n’est pas de créer un jardin nécessitant énormément d’eau simplement pour obtenir davantage de fraîcheur.

Végétation et architecture doivent fonctionner ensemble

La végétation devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est pensée comme une protection architecturale.

Une plante grimpante peut jouer le rôle d’un brise-soleil saisonnier.

Un arbre peut protéger une façade ou une baie vitrée.

Un massif végétalisé peut remplacer une partie d’une terrasse minérale et limiter l’accumulation de chaleur devant la maison.

Le végétal ne doit donc pas seulement être considéré comme une décoration ajoutée après la construction.

Il peut devenir un véritable outil de conception bioclimatique.

À retenir

Les plantes peuvent contribuer à rafraîchir leur environnement grâce à deux phénomènes principaux :

l’ombre, qui empêche les surfaces de chauffer ;

l’évapotranspiration, qui peut contribuer localement au rafraîchissement de l’air.

Mais quelques plantes dans une pièce ne suffisent pas à faire réellement baisser sa température.

Pour améliorer le confort d’été, la végétation devient surtout intéressante lorsqu’elle possède suffisamment de feuillage pour ombrager les fenêtres, les façades et les sols extérieurs.

En attendant que les arbres atteignent leur taille adulte, pergolas végétalisées, plantes grimpantes, arbustes et grands pots peuvent déjà contribuer à transformer le microclimat autour de la maison.

Une plante ne devient pas efficace à partir d’une certaine hauteur : elle devient réellement utile lorsqu’elle commence à protéger le bâtiment du soleil.

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