Ouvrir toutes les fenêtres pendant la nuit semble être le réflexe le plus évident lorsqu’une maison a accumulé de la chaleur pendant la journée. Pourtant, cela ne suffit pas toujours à faire redescendre la température.
Pour qu’une ventilation nocturne soit réellement efficace, l’air doit pouvoir circuler : il lui faut une entrée, un passage à travers le logement et une sortie.
L’objectif n’est donc pas simplement d’ouvrir le maximum de fenêtres, mais de créer un véritable chemin pour l’air.
Pourquoi ventiler la maison pendant la nuit ?
Pendant une journée chaude, la chaleur s’accumule progressivement dans le logement.
Les murs, les sols et le mobilier absorbent une partie de cette énergie. Même lorsque la température extérieure commence à diminuer le soir, ces éléments peuvent continuer à restituer de la chaleur à l’intérieur.
Lorsque l’air extérieur devient plus frais que l’air intérieur, la ventilation nocturne permet de remplacer l’air chaud par de l’air plus frais.
Mais elle permet également de refroidir progressivement les matériaux du logement. C’est particulièrement intéressant dans un bâtiment disposant d’une bonne inertie : murs en pierre ou en brique, dalles en béton, sols massifs…
La maison peut alors commencer la journée suivante avec une température plus basse.
Le principe : une entrée, un passage et une sortie
Pour créer un mouvement d’air efficace, trois éléments sont nécessaires :
une entrée d’air → un parcours à travers le logement → une sortie d’air.
Ouvrir une seule fenêtre dans une pièce fermée peut renouveler une partie de l’air, mais le mouvement sera généralement moins important qu’avec deux ouvertures correctement positionnées.
La configuration du logement devient donc essentielle.
Dans un logement traversant : créer une ventilation croisée
Un appartement ou une maison est dit traversant lorsqu’il dispose d’ouvertures sur plusieurs façades, notamment sur des orientations opposées ou différentes.
Cette configuration est particulièrement intéressante pour la ventilation naturelle.
La nuit, lorsque les conditions le permettent, ouvrez des fenêtres situées sur deux façades différentes et laissez les portes intérieures ouvertes.
Selon la direction du vent et les différences de pression entre les façades, l’air peut entrer d’un côté, traverser les différentes pièces puis ressortir de l’autre.
C’est ce que l’on appelle la ventilation traversante ou ventilation croisée.
La position des fenêtres compte donc autant que leur nombre.
Comment ventiler un appartement mono-orienté ?
Dans un logement mono-orienté, toutes les fenêtres donnent sur une même façade.
Créer un véritable courant d’air devient alors plus difficile, puisque l’air ne dispose pas naturellement d’une entrée d’un côté et d’une sortie de l’autre.
Une solution consiste à forcer légèrement le mouvement avec un ventilateur.
Plutôt que de placer systématiquement le ventilateur face à soi, il peut être intéressant de l’utiliser pour accélérer le renouvellement de l’air.
Placez-le près d’une fenêtre, orienté vers l’extérieur, afin d’aider à expulser l’air chaud du logement.
Une autre ouverture doit rester disponible pour permettre à l’air extérieur plus frais de prendre sa place.
Selon la configuration du logement et les conditions de vent, il peut être utile de tester plusieurs positions : quelques dizaines de centimètres peuvent parfois modifier sensiblement la circulation de l’air.
Profiter de la hauteur pour évacuer l’air chaud
Le mouvement de l’air peut également être favorisé par les différences de température et de hauteur.
L’air chaud, moins dense, a tendance à s’élever. Une ouverture située en partie haute peut donc contribuer à son évacuation pendant qu’une ouverture plus basse permet l’entrée d’un air plus frais.
Ce principe est particulièrement intéressant dans :
- une maison à plusieurs niveaux ;
- une cage d’escalier ;
- un séjour en double hauteur ;
- des combles aménagés ;
- un espace disposant de fenêtres hautes ou de fenêtres de toit.
On exploite alors le tirage thermique pour accompagner la ventilation naturelle.
Cette logique est d’ailleurs à la base d’autres dispositifs bioclimatiques comme la cheminée solaire.
Quand faut-il ouvrir les fenêtres ?
C’est probablement la règle la plus importante.
Ventiler n’est rafraîchissant que lorsque l’air extérieur est plus frais que l’air intérieur.
Ouvrir largement à 15 heures pendant une canicule peut au contraire faire entrer de l’air plus chaud et augmenter la température du logement.
Il est donc préférable d’attendre que la température extérieure redescende suffisamment le soir.
La nuit et tôt le matin, ouvrez largement pour évacuer la chaleur accumulée.
Puis, lorsque la température extérieure commence à remonter, refermez les fenêtres.
La maison passe alors d’un fonctionnement ouvert pendant la période fraîche à un fonctionnement beaucoup plus fermé pendant la période chaude.
Fermer la maison pendant la journée
Une ventilation nocturne efficace perd une grande partie de son intérêt si le logement est immédiatement réchauffé par le soleil le lendemain matin.
Une fois les fenêtres refermées, il faut donc chercher à conserver la fraîcheur obtenue pendant la nuit.
Cela passe notamment par des protections solaires extérieures : volets, stores, brise-soleil, rideaux extérieurs ou végétation.
L’objectif est de créer un cycle quotidien :
la nuit, on évacue la chaleur ; le jour, on empêche autant que possible qu’elle ne revienne.
Ventilation nocturne et inertie fonctionnent ensemble
La ventilation nocturne devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est associée à des matériaux capables de stocker temporairement de la chaleur.
Pendant la journée, les murs et les sols lourds peuvent absorber une partie des apports thermiques et ralentir la hausse de température.
Pendant la nuit, la ventilation permet ensuite de refroidir cette masse.
Le lendemain, les matériaux peuvent de nouveau absorber une partie de la chaleur.
C’est ce fonctionnement cyclique qui rend l’association inertie + ventilation nocturne + protections solaires particulièrement intéressante pour le confort d’été.
Et lorsque les nuits restent très chaudes ?
La ventilation nocturne a aussi ses limites.
Lors d’une canicule, il arrive que la température extérieure reste élevée pendant une grande partie de la nuit. Si l’air extérieur n’est pas plus frais que celui du logement, son potentiel de rafraîchissement devient faible.
L’efficacité dépend donc du climat local, de la température nocturne, du vent et de la configuration du bâtiment.
La ventilation nocturne n’est pas une solution universelle permettant de remplacer la climatisation dans toutes les situations. Elle constitue plutôt l’un des leviers à associer à la protection solaire, à l’isolation et à l’inertie.
Le secret : créer un chemin pour l’air
Pour rafraîchir naturellement un logement la nuit, inutile d’ouvrir toutes les fenêtres au hasard.
Cherchez plutôt à comprendre comment l’air peut entrer, traverser les espaces et ressortir.
Dans un logement traversant, exploitez les façades opposées. Dans un appartement mono-orienté, un ventilateur peut aider à créer le mouvement. Dans une maison à plusieurs niveaux, utilisez les différences de hauteur pour faciliter l’évacuation de l’air chaud.
Et surtout, adaptez l’ouverture des fenêtres aux températures extérieures.
Le jour, protégez et fermez. La nuit, lorsque l’air devient plus frais, ouvrez et faites circuler.
À retenir
Pour rendre la ventilation nocturne plus efficace :
- ouvrez lorsque l’extérieur est plus frais que l’intérieur ;
- créez si possible une entrée et une sortie d’air ;
- laissez les portes intérieures ouvertes pour permettre à l’air de circuler ;
- exploitez les façades différentes dans un logement traversant ;
- dans un logement mono-orienté, utilisez éventuellement un ventilateur pour expulser l’air chaud ;
- profitez des ouvertures hautes pour faciliter son évacuation ;
- refermez fenêtres et protections lorsque la température extérieure remonte.
La ventilation nocturne est d’autant plus efficace qu’elle est associée à une bonne protection solaire et à l’inertie du bâtiment.
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